Le critical making désigne l'ensemble des activités de production manuelle qui permettent de relier les technologies numériques aux enjeux de la société contemporaine. Cette démarche novatrice a été inventée pour combler le fossé persistant entre l'exploration créative, physique et conceptuelle au sein des universités.
Le terme a été popularisé par Matt Ratto, professeur associé à la University of Toronto, qui cherchait à utiliser les formes d'engagement matériel avec les technologies pour prolonger la réflexion critique. Cette approche permet ainsi de reconnecter nos expériences vécues des technologies à la critique sociale et conceptuelle.
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SubscribeMatt Ratto a officiellement forgé ce concept en 2008 lors d'activités d'atelier visant à lier la réflexion conceptuelle et la fabrication technique. Selon sa vision, l'apprentissage se trouve profondément influencé par la participation active des apprenants dans la création d'objets au sein d'un contexte technologique.
L'évaluation d'un laboratoire de critical making repose essentiellement sur le processus physique de fabrication, indépendamment de la qualité esthétique ou matérielle du produit final. L'objectif principal demeure le développement d'une perspective critique sur les institutions, les pratiques et les normes de la société actuelle.
L'Expansion et la Diversification du Concept
Au fil des ans, le concept s'est étendu à de prestigieuses institutions académiques à travers le monde, notamment sous l'impulsion d'Eric Paulos à UC Berkeley en 2012. Les étudiants y développent une maîtrise pratique en incorporant divers matériaux physiques pour explorer des thèmes technologiques socialement pertinents tels que l'environnement ou l'éducation.
De son côté, Garnet Hertz a adopté le terme la même année pour publier une série de livrets explorant comment le travail productif manuel peut prolonger la réflexion sur la technique. Ce projet a permis de tisser des liens étroits entre le design, l'art contemporain et le développement technologique.
En 2014, Garnet Hertz a fondé The Studio for Critical Making à l'Emily Carr University of Art and Design afin d'appliquer les modes de conception des sciences humaines aux technologies de l'information. Cette structure travaille activement à remplacer les objectifs traditionnels d'efficacité par des valeurs culturelles et humaines plus complexes.
Enfin, d'autres figures académiques majeures comme John Maeda ont intégré cette vision dans leurs programmes stratégiques pour orienter la pratique créative vers une réflexion approfondie sur l'art et la technique. Cette dynamique globale continue d'inspirer de nombreux chercheurs et praticiens dans le domaine de la fabrication numérique.